Henry Sigayret

HENRY SIGAYRET, Sherpasig

Henri Sigayret est un symbole du Khumbu. A 40 ans, il lâche sa vie occidentale pour s’installer à 4 000m d’altitude où il fonde une nouvelle famille, finance l’électricité dans son village et s’implique pour améliorer les conditions de vie de son nouveau pays d’adoption, le Népal.

Il est également un alpiniste de renom, surnommé Sherpasig, et a notamment réalisé la première en ski de l’Annapurna (la seconde française après Herzog..).

Son amour pour ce pays le pousse à s’y installer 40 ans, durant lesquels il s’investit pleinement : financement d’écoles, de murs d’escalades.. Ces installations ont pour objectif d’aider le peuple sherpa à se former à l’accompagnement des expéditions en haute-montagne.

Il a maintenant 86 ans et est de retour en France. Quand on lui parle de retourner au Népal, on ressent toute l’émotion qui le traverse et la nostalgie de ces 40 dernières années..

Nous l’avons rencontré, lui avons présenté le projet :

« PANGBOCHE, KHUMBU, NEPAL

Népal, nom d’un petit pays d’Asie, 148.000 km2 et 30.000.000 habitants (la France 645.000 km2 et 67.000.000 habitants). Ce pays est coincé entre deux colosses la Chine-Tibet et l’Inde, tous deux ont plus de 1.300.000.000 habitants. Tous deux se dirigent vers une domination économique de la terre.

Il est situé à la latitude moyenne de 30° Nord. C’est celle du Caire, celle des Grands déserts. Le Népal n’est pas un désert car il est soumis à de fortes pluies d’été, phénomène de mousson.

Dans ce pays le Khumbu. Une région située au pied de l’Everest le sommet le plus élevé de la terre. Everest (nom occidental). Sagarmatha (nom népalais, de sagar les mers, matha au-dessus, qui domine). Chomolungma (nom tibétain, de cho, religion, chomo dieux, lung vent, ma féminise dieux en déesse), son nom tibétain est donc Déesse des vents.

Et dans ce Khumbu un village, Pangboché, 4000 mètres d’altitude. N’oublions pas, le Népal trentième degré de latitude Nord !

La coupe de ce pays est étonnante, du sud au Nord ses terres vont de 100 à 250 mètres d’altitude (la jungle du Téraï de Rudyard Kipling) à 8848 mètres au sommet du toit de la terre.

Le Népal est un pays mythique au regard d’un grand nombre d’Occidentaux. Il est indéniablement beau. Ses populations sont dans l’ensemble souriantes et pacifistes. Elles sont composées d’Indo-Aryens (venant des steppes du Caucase), et de plus de 100 immigrés, les Tribaux, d’origine nordique de sensibilité tibéto-birmane. Les religions principales de ce pays sont l’hindouisme, les bouddhismes, des chamanismes, mais les adeptes de ces religions sont souvent ouverts au syncrétisme. A eux s’ajoutent quelques musulmans, quelques catholiques.

Mais une réalité hélas trop souvent occultée par les visiteurs, le Népal est un pays pauvre, le plus pauvre de l’Asie, il est plus pauvre que son voisin le Bengladesh, un des plus misérable du monde. Il est soumis non pas à une pauvreté de type occidental mais à une misère létale.

En général le sahib, le touriste vient effectuer de longues marches dépaysantes, des trekkings, l’himalayiste pour vaincre des sommets, les scientifiques, des chercheurs y trouvent de nombreux sujets de thèse, … Autant de façons de néo-colonialisme. Tous viennent prendre, prendre. Bien peu apportent.  Heureusement quelques rares Occidentaux ne se contentent pas de ces formes de larcins. Certains sensibles à la misère des hommes se font un devoir d’aider ce pays et ses habitants.

Le tourisme a apporté à ces populations son lot de choses méprisables, critiquables, qui s’inscrivent dans ce négatif. Par exemple des centaines de kilogrammes de détritus s’amoncellent sur les montagnes, au pied de celles-ci dans les camps de base. Une solution, les descendre en pays bas. Oui, mais là qu’en faire ? D’où l’idée d’une équipe d’ingénieurs de Grenoble d’installer un incinérateur à Pangboché, ce village du Khmbu.

Pangboché, moi, très vieil himalayiste marié à une femme Sherpa de ce village, y ayant résidé longtemps et vécu plus de 20 ans au Népal, je suis fier de cautionner leur projet.»

— Henri Sigayret — 30/12/2020

Son histoire originale a inspiré le réalisateur Christophe Raylat qui a tourné un documentaire, Sherpasig, il y a 10 ans.